A la rencontre d’Isma Benboulerbah, qui milite pour l’abandon des mutilations sexuelles féminines

Tuesday, February 6, 2018 - 14:00

 

Isma, 25 ans, est née et a grandi à Strasbourg. Les premiers contours de son engagement féministe se dessinent pendant sa jeunesse.« Durant mon enfance et mon adolescence, j’ai été confrontée à plusieurs reprises à des situations d’inégalités et de violences faites aux femmes. Je me suis rapidement questionnée sur la place des femmes dans la société,

 

Plus particulièrement, les questions liées à la santé sexuelle et reproductive l’interrogent rapidement, alors qu’elle découvre les « tabous » qui entourent l’excision ou les grossesses précoces.

 

 

 

Isma quitte l’Alsace pour Lyon, Beyrouth, puis Paris où elle est aujourd’hui assistante programmes chez Equipop (Equilibres & Populations), une ONG française créée en 1993 par des journalistes et médecins dans le contexte de la Conférence Internationale du Caire sur la population. Chaque jour, avec ses collègues, Isma travaille pour l’amélioration des conditions de vie et du statut des femmes, « facteur essentiel d’un développement juste et durable ».

 

 

 

Cela fait une vingtaine d’années que l’association s’est penchée sur la thématique de l’excision, à la fois en France et en Afrique, avec pour objectif la promotion de la santé et des droits des femmes, grâce à l’abandon de la pratique des mutilations génitales féminines. Un des projets phares d’Equipop sur lesquels Isma travaille se situe à Kayes, une région du Mali où 95% des femmes ont été excisées. « Des animatrices sillonnent la région à la rencontre des populations afin d’organiser des séances de sensibilisation et d’information sur les conséquences sur la vie des femmes de la pratiques des mutilations sexuelles féminines ».

 

 

 

Equipop poursuit également son engagement en France, grâce à un dense réseau d’ « acteurs et actrices de changement ». Issu-e-s de communautés pratiquant les mutilations sexuelles féminines, ils sont engagé·e·s pour leur abandon et organisent des séances de sensibilisation et de promotion de changement des normes et des comportements. « Ils et elles font preuve de beaucoup de pédagogie afin de créer des opportunités de dialogue et d’échange pour aborder au mieux la question tabou de l’excision ».

 

 

 

Isma en est persuadée, un véritable changement ne sera possible que par une meilleure visibilité de la problématique de l’excision, mais aussi par une meilleure connaissance de l’anatomie. « Le corps des femmes est très peu connu, voir tabou ». Son combat, c’est la prise de conscience que « la question de la pratique des mutilations sexuelles féminines est aussi bien une problématique pour les pays où elle est pratiquée, que pour la France.». Equipop privilégie, en ce sens, une approche dite « building bridges » (ou “bâtir des ponts”), soit des projets transnationaux qui impliquent aussi bien les populations d’Afriques de l’ouest que les diasporas qui en sont issues.

 

 

 

Toutes les 11 secondes, une enfant dans le monde est mutilée. Une sur trois succombera des suites de l’excision. Isma milite pour mettre fin à cette pratique. Pour elle, la clef c’est l’’éducation. « J’ai très vite compris l’importance de l’éducation, et notamment l’éducation complète à la sexualité, et de son impact positif sur la vie des adolescentes. Une femme éduquée, une femme autonome, une femme en mesure de déterminer ses besoins, est une femme qui peut impulser des changements durables au sein de la société dans laquelle elle vit. »

 

Le Forum Progressiste Mondial est honoré d’accueillir Isma Benboulerbah au Parlement Européen pour débattre autour de la projection du documentaire Uncut, le 6 février, à l’occasion de la Journée Internationale de Tolérance Zéro à l’égard des Mutilations Génitales Féminines.

 

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